« Social Business » – vers un nouveau capitalisme?

©: entreprendresocialement.blogspot.com

Dans mon précédent billet, j’abordais la question de l’entrepreneuriat social avec l’exemple des « Ikotoilets » au Kenya.

Muhammad Yunus, l’inventeur du micro-crédit et prix Nobel de la Paix, présente dans son livre « Vers un nouveau capitalisme » ce concept d’entrepreneuriat social, mais aussi et surtout celui de « social business ».

Pour lui, l’entrepreneuriat social comprend toute initiative innovante destinée à venir en aide à des individus. Il peut s’agir d’initiatives économiques ou pas, à but lucratif ou non.
Le « social business » est quant à lui une composante de l’entrepreneuriat social, mais avec des spécificités particulières. Il s’agit d’une vraie entreprise, avec des employés, des méthodes de gestion classiques, qui produit et vend des biens et/ou des services, éventuellement en concurrence avec d’autres entreprises, mais dont l’objectif n’est pas de maximiser ses profits, mais de créer des bénéfices sociaux auprès des personnes en contact avec elle. Comme toute entreprise, elle se doit de couvrir l’ensemble de ses coûts, voire même de faire du profit. Celui-ci est cependant réinvesti dans l’entreprise et non distribué aux actionnaires ou investisseurs. Ces bénéfices serviront à poursuivre le développement de l’activité, mais aussi à permettre aux propriétaires de récupérer à terme leur mise de fond.
Un social business peut alors être défini simplement comme une entreprise qui ne réalise pas de perte, ne distribue pas de dividendes et dont l’objectif est tourné vers une cause.

©: recherche.fnac.com

Ce système est-il viable, réaliste ?

Je suis personnellement convaincu qu’aujourd’hui, le social business a un réel avenir.
Du côté de l’investisseur, je crois que de nombreux investisseurs privés ou publics, déjà très actifs auprès d’associations caritatives, d’ONG ou de fondations, seraient très intéressés de participer à ce type de projets, qui du fait de leur caractéristique « business » contribuent à améliorer le monde de façon plus pérenne. De même, les grandes entreprises ont un intérêt stratégique à aller chercher du développement et de la croissance dans des stratégies « Base of the Pyramid » (voir article précédent sur ce blog), qui dans un premier pourrait se faire via la création en leur sein de social businesses. De grands noms comme Danone, Unilever, Lafarge ou encore bien d’autres ont commencé à intégrer cette donnée.
Du côté des entreprises, je pense aussi qu’un certain nombre de professionnels (dirigeants, cadres, employés, ouvriers,..) en quête de sens seront attirés par de telles entreprises dont la gestion reste néanmoins similaire à toute autre entreprise. Et comme déjà mentionné, les nouvelles générations sont, quant à elles, très largement conscientes et attirées par ces formes d’initiatives qui associent capitalisme et générosité.

Je reviendrai dans des prochains billets sur d’autres expériences et projets concrets dans ce domaine du social business et des stratégies « Base of the Pyramid ».

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One Response to « Social Business » – vers un nouveau capitalisme?

  1. Ping : Social Business: une leçon du Professeur Yunus « Jacques Blog- par Jacques Bloch

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